La Nouvelle Lettre du Jeudi

À propos des images et d'autres choses. Olivier Deprez

28 août 2006

Esquisse

Esquisse d'un scénario pour le court métrage présenté dans le spectacle "Sur le chemin des glaces".

Film muet. (Une quinzaine de minutes)

Première partie


Premier plan

Les fenêtres closes du village (filmé en caméra subjective un peu comme le plan-séquence de "L'Année dernière à Marienbad" quand la caméra s'attarde longuement à filmer les moulures du plafond), les bas-reliefs moyenâgeux sur les façades, juste au-dessus des fenêtres.

Deuxième plan.

Une main qui agite une cloche.

Troisième plan.

La troupe de la RTT arrive au village (un village reculé, des maisons de pierre, une végétation aride, sur les façades des visages de pierre sculptés, style roman). La RTT en première place suivie du cheval et du graveur. Dans les rues, personnes. Atmosphère hivernale. La troupe est filmée comme si elle était vue par les visages de pierre.

Quatrième plan.

La RTT, seule, abandonnée par ses servants, le vent qui agite les gravures. La machine est perdue dans le décor désertique. On a l'impression de n'entendre que le vent qui siffle dans les fils électriques. Des gravures jonchent le sol, certaines déchirées ou roulées en boulettes de papier.



Deuxième partie

Premier plan

La caméra filme les gravures accrochées au cheval avec le rythme posé qu'un lecteur attentif prendrait pour lire l'ensemble des images gravées. Le cheval demeure immobile ; on dirait une statue de bronze. La caméra opère ce faisant un mouvement spiralé autour du cheval de manière à ce que toutes les gravures soient vues et lues.

Deuxième plan

L'opérateur et le graveur grimpent dans la montagne accompagné par le cheval revêtu de son harnachement de gravures. Buissons et pierres qui roulent. Vues des feuilles qui tremblent au vent. Montée saccadée à cause du terrain difficile : montée, arrêt, reprise de la marche, etc.

Troisième plan

Plan fixe d'un pic montagneux.

Quatrième plan

Le cheval seul au sommet de la colline avec une seule gravure noire accrochée à la corde qui entoure son cou. Il tourne autour d'un ancien fortin installé jadis au sommet de la colline. Le cheval est filmé du centre du cercle, la caméra le suit comme si un fil reliait le cheval à la caméra. Au centre du cercle, un tas de pierre.

Cinquième plan

Les nuages en vue subjective, ensuite coupure et la caméra redescend vers les visages de l'Opérateur et du Graveur, et des visages vers les mains.

Sixième plan

Dans une pièce sombre, les mains du graveur en gros plan occupées à graver l'image d'un cheval et dans le fond de l'image la RTT, l'Opérateur qui imprime.


Fin

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23 août 2006

Deuxième esquisse pour un tableau-monstre

monstres

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Premier repérage pour le lieu de la fiction, III

05

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Premier repérage pour le lieu de la fiction, II

rep_rage

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Premier repérage pour le lieu de la fiction, I

d_sert

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22 août 2006

Première esquisse d'un tableau-monstre pour le projet Caligari

02

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Caligari, suite VII

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Caligari, suite VI

drawings_on_the_horse

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Caligari, scénario. Quelques ajouts et autres remords

Une scène en double arcs de cercle, les rideaux noirs sont tirés. Lorsque tous les spectateurs sont entrés, une musique de cabaret, style piano mécanique, se fait entendre, puis silence. Le rideau s'ouvre sur un spectacle de désolation : le cheval, l'opérateur de la RTT et le graveur sont couchés, recouverts de gravures ; un grand désordre règne. A nouveau musique de cabaret, puis silence, les rideaux se ferment. La musique reprend, bruits de chaises, grognements, hennissements. Silence, le rideau s'ouvre. Le graveur est assis dans une demi pénombre, un décors (des tableaux à l'ancienne) montre une ville moderne, d'autres tableaux épars représentent des monstres antédiluviens ; le graveur se lève, regarde le décor, prend un  tableau de monstre en main, le dépose (il semble chercher quelque chose), se rassied ; l'ombre gagne peu à peu, rideau, silence.

A grand bruit arrive l'opérateur suivi du cheval. L'opérateur ouvre le rideau, un décors abstrait à présent, le graveur est couché et l'opérateur lui tend une lettre. Le graveur s'en saisit et, toujours couché, la lit, il remue à peine les lèvres. Il pose la lettre à terre et met ses bras en croix, et se lève aussitôt. Il prend son chapeau, sa veste, met ses outils dans un sac, prend le cheval et sort. Rideau. Silence.

La pièce est vide, une projection : un film qui montre le spectacle commençant dans la rue. L'opérateur de la RTT et le graveur, l'un poussant la RTT, l'autre tirant le cheval, se promènent dans la rue. Le graveur agite une cloche, s'arrête, distribue des tracts (des gravures avec le titre du spectacle); l'opérateur de la RTT scande le titre du spectacle et harangue la foule, invitant à suivre le graveur. La procession gagne une grande tente blanche. A l'entrée, une pancarte indique le titre du spectacle. L'opérateur invite les spectateurs à acheter un ticket à une billetterie. ) le film montre aussi un homme perdu sur un radeau quelque part, nulle part. L'homme grave des scènes de chevaux, dans le film un personnage erre parmi les chevaux, il écrit et dessine des croix noires sur la croupe des chevaux (film d'une dizaine de minutes). Noir. Silence et musiquette.

Ouverture des rideaux; le cheval seul avec un lit défait et vide. Partout des croix noires à la Malevitch. Rideaux.


Bruits de sabot, clop tacaclop, tacaclop et bruits de cloche (la cloche agitée par l'opérateur de la RTT). Lumière : l'opérateur, le graveur et le cheval forment une procession et sur fond de peintures romantiques (style Rhin, etc.) miment un voyage. Ils s'arrêtent; l'opérateur change les tableaux, atmosphère industriel, ils reprennent la ronde. Noir. Silence. Bruits du rouleau et de la presse, lumière, pénombre, l'opérateur imprime et soliloque (dans une langue inconnue, connue seulement de lui, la langue de l'opérateur); le graveur grave, tend la plaque gravée à l'opérateur qui l'imprime. Ils regardent chacun à leur tour l'impression. L'opérateur accroche la gravure au cheval. Le graveur se lève et dessine des monstres marins, il écrit des mots sur la croupe du cheval, efface, prend une pièce de tissu blanc et couvre le cheval, harnache le cheval, ouvre la valise et couvre le cheval de gravures, ensuite s'en va vers le public. Pendant ce temps l'opérateur sifflote et continue à imprimer. Rideau. Silence. Musiquette.

Une seconde séquence cinématographique commence, les deux acteurs sont assis, la main gauche sur la cuisse et inversement  et chacun le coude sur la table où est posé le projecteur super 8 : Le film montre un cheval harnaché et couvert de gravures noirs grimpant une colline aride. Cut. La scène suivante montre le décors posé en plein lieu désertique, on voit les acteurs répéter devant deux rangées de chaises vides, les gravures s'envolent dans le vent. Silence, noir.

Dans la pénombre, le graveur et l'opérateur se tiennent debout, l'un tient le licol du cheval, l'autre tient la table roulante; ils sont immobiles. Cela dure suffisamment pour créer une sensation de malaise.Silence total. Puis noir et musiquette à deux sous. Rideau.



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21 août 2006

Scénario (ébauche II, remords et reprise)


Une scène en double arc de cercle, les rideaux noirs sont tirés. Lorsque tous les spectateurs sont entrés, une musique de cabaret, style piano mécanique, se fait entendre, puis silence. Le rideau s'ouvre sur un spectacle de désolation : le cheval, l'opérateur de la RTT et le graveur sont couchés, recouverts de gravures ; un grand désordre règne. A nouveau musique de cabaret, puis silence, les rideaux se ferment. La musique reprend, bruits de chaises, grognements, hennissements. Silence, le rideau s'ouvre. Le graveur est assis dans une demi pénombre, un décors peint (à l'ancienne) montre une ville moderne, le graveur se lève, regarde le décor (il semble chercher quelque chose), se rassied ; l'ombre gagne peu à peu, rideau, silence.

A grand bruit arrive l'opérateur suivi du cheval. L'opérateur ouvre le rideau, un décors abstrait à présent, le graveur est couché et l'opérateur lui tend une lettre. Le graveur s'en saisit et, toujours couché, la lit, il remue à peine les lèvres. Il pose la lettre à terre et met ses bras en croix, et se lève aussitôt. Il prend son chapeau, sa veste, met ses outils dans un sac, prend le cheval et sort. Rideau. Silence.

La pièce est vide, une projection : un film qui montre le spectacle commençant dans la rue. L'opérateur de la RTT et le graveur, l'un poussant la RTT, l'autre tirant le cheval, se promènent dans la rue. Le graveur agite une cloche, s'arrête, distribue des tracts (des gravures avec le titre du spectacle); l'opérateur de la RTT scande le titre du spectacle et harangue la foule, invitant à suivre le graveur. La procession gagne une grande tente blanche. A l'entrée, une pancarte indique le titre du spectacle. L'opérateur invite les spectateurs à acheter un ticket à une billetterie. ) le film montre aussi un homme perdu sur un radeau quelque part, nulle part, il grave des scènes de chevaux, dans le film un personnage erre parmi les chevaux, il écrit et dessine sur la croupe des chevaux (film d'une dizaine de minutes). Noir. Silence et musiquette.

Bruits de sabot, clop tacaclop, tacaclop et bruits de cloche (la cloche agitée par l'opérateur de la RTT). Lumière : l'opérateur, le graveur et le cheval forment une procession et sur fond de décors romantique (style Rhin, etc.), ils miment un voyage. Ils s'arrêtent; l'opérateur change le décors qui devient industriel, ils reprennent la ronde. Noir. Silence. Bruits du rouleau et de la presse, lumière, pénombre, l'opérateur imprime et soliloque (dans une langue inconnue, connue seulement de lui, la langue de l'opérateur), le graveur grave, tend la plaque gravée à l'opérateur qui l'imprime. Ils regardent chacun à leur tour l'impression. L'opérateur accroche la gravure au cheval. Le graveur se lève et dessine vs écrit sur la croupe du cheval, efface, prend une pièce de tissu blanc et couvre le cheval, harnache le cheval, ouvre la valise et couvre le cheval de gravures, ensuite s'en va vers le public. Pendant ce temps l'opérateur sifflote et continue à imprimer.

Une seconde séquence cinématographique commence, les deux acteurs sont assis, la main gauche sur la cuisse et inversement  et chacun le coude sur la table où est posé le projecteur super 8 : Le film montre un cheval harnaché et couvert de gravures noirs grimpant une colline aride. Cut. La scène suivante montre le décors posé en plein lieu désertique, on voit les acteurs répéter devant deux rangées de chaises vides. Silence, noir.

Dans la pénombre, le graveur et l'opérateur se tiennent debout, l'un tient le licol du cheval, l'autre tient la table roulante; ils sont immobiles. Cela dure suffisamment de temps pour créer une sensation de malaise.Silence total. Puis noir et musiquette à deux sous.

Posté par lettre_du_jeudi à 14:45 - The Caligari's project - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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