22 avril 2011

L’art comme procédé

« L’art est de la pensée au moyen d’images » ; cette phrase est fautivement attribuée à Victor Chklovski sur le dos de couverture du livre « L’art comme procédé » publié par Allia. Cette erreur attribue à l’auteur une conception qui n’est pas la sienne. C’est Alexandre Afanassièvitch Potèbnia qui défend cette idée, ce que le lecteur apprend dès la première page du livre. Des guillemets auraient prévenu cette confusion. Pour Chklovski, il s’agit tout au plus d’un lieu commun de lycéen. D’une part, Chklovski montre que l’image n’est pas... [Lire la suite]
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24 avril 2010

Quelques remarques à propos de la nouvelle "Le héron" de Giorgio Bassani.

Pour Emmanuel F., en guise de réponse, amicalement C’est une extrême ambiguïté qui parcourt toute la trame de la nouvelle de Bassani. Ambiguïté qui tour à tour induit des sauts, des passages du réel au rêve, de l’inconscient au conscient comme le montre la scène liminaire ; ce n’est pas pour rien en outre que l’acmé du récit se situe dans une zone de marécages où se mêlent étroitement les éléments : la terre, l’eau, le ciel et le feu des fusillades. Comme l’écrit l’auteur : « toutes les choses se mélangeaient et se confondaient... [Lire la suite]
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15 février 2010

De l’Impossibilité d’un journal de guerre.

Notes sur Le château d’Udine de Carlo Emilio Gadda, ouvrage publié dans la collection "Les Cahiers Rouges" chez Grasset. Mais ce furent des bouffées passagères,comme des sursauts refrénés : des montées de sang au cerveau. Des trucs sans importance. Carlo Emilio Gadda, Le château d’Udine. Livre morcelé, pulvérisé, comme sous l’impact d’un projectile sans doute « sans importance », livre ironique, mais non cynique, Le château d’Udine de Carlo Emilio Gadda, contient un chapitre (mais « chapitre » n’est pas le bon mot, il... [Lire la suite]
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09 février 2010

Reprise de l’épigraphe. Notes sur l’esthétique du jeune Joyce (suite II).

Il les avançait brusquement comme des dispositifs de protection derrière lesquels il s’appliquaità composer l’énigme d’une manière.James Joyce, Stephen le Héros. Une chose est de tenter de clarifier et de mettre en avant un motif saillant à caractère synthétique et englobant, une autre est de repérer son jeu dans le texte et les conséquences sur le plan éthique de ce jeu. Dans l’épigraphe du texte introductif qui précède, c’est d’amour qu’il est question. Ce mot est intéressant car il joue au moins sur deux niveaux et permet... [Lire la suite]
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09 février 2010

À propos de l'esthétique du jeune Joyce I

Quelques remarques. Je crois qu’une façon de mettre l’amour à l’épreuve, c’est d’examiner les échanges qu’il propose. James Joyce, Stephen le Héros. De l’écrivain irlandais cosmopolite James Joyce, c’est d’Ulysse qu’on se souvient et quand on veut évoquer un livre à la limite du lisible, c’est son ultime Finnegans Wake que l’on cite.  Ces ouvrages sont toujours d’indépassables objets littéraires, mais il serait dommage de ne pas remonter en amont et de ne pas lire aussi tous les textes qui précèdent ces chefs d’œuvres.... [Lire la suite]
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30 décembre 2009

Par temps de brume et autres fadeurs

Du roman d’Henry Bauchau, La déchirure, je n’ai rien dit, rien écrit encore et pourtant, il m’a plu ; mieux, il m’a accompagné, jouant parfaitement le rôle du compagnon, rôle sans doute négligeable du point de vue de la critique, mais après tout essentiel sur le plan qui compte vraiment, la vie vivante et son cortège d’infortunes. Un pli dans le livre indique ce passage qui m’avait paru saillant : « C’est derrière une palissade couverte d’affiches qu’il faut découvrir l’escalier. Il grimpe et s’enchevêtre dans tous les sens autour de... [Lire la suite]
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29 décembre 2009

Fadeurs et autres hivernales

Longtemps les romantiques ont été utilisés par les uns et les autres comme repoussoir théorique, et encore aujourd’hui, il arrive qu’on lise ce genre de prose. Moi-même, je crains d’avoir succombé à ce pli, ou plutôt à cet automatisme. Ce réflexe qui consiste à attribuer aux romantiques les tares d’un égotisme sentimentaliste en dit long sur la méconnaissance d’un mouvement. Mouvement qu’on a bien tort d’ignorer car ce faisant, c’est ni plus ni moins l’origine même de nos manières poétiques et esthétiques que l’on refoule.Logique du... [Lire la suite]
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24 décembre 2009

À propos d'Avatar

À propos d'Avatar, film que je n'ai pas vu, un très éclairant commentaire sur ce blog.
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19 décembre 2009

Reprise des fadeurs

C’est Calvino qui pour une large part m’ouvre l’espace de la littérature italienne et de la littérature tout court tant lire cet auteur c’est aussi — comme à chaque fois c’est le cas chez les écrivains authentiques — lire et relire des livres que l’on connaît ou que l’on découvre en leur compagnie. Je ne suis pas un grand « fan » de ses fictions, je les ai lues lorsque j’avais vingt ans et ne suis pas certain d’avoir envie de les relire, mais je lis avec une délectation évidente ses textes critiques et autobiographiques. À cela une... [Lire la suite]
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02 décembre 2009

La théorie de l'art romantique et l'autonomie de l'oeuvre d'art

L’œuvre d’art constitue un tout, un petit monde en soi.Carl Gustav Carus On a vu que malgré sa conception extatique de l’art, le peintre romantique a le souci d’inscrire son geste dans la matérialité du trait, trait qui devient comme la limitation effective, concrète, entre le domaine de l’art et le domaine de la nature. D’un point de vue purement philosophique, il faudrait ici montrer comment cette limitation n’est qu’une reprise sur le plan matériel de la théorie de la connaissance romantique qui elle-même, à son origine, n’est... [Lire la suite]
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